Octobre Rose : Le cancer du sein et la nutrition
Afin de vérifier cette constatation chez l'homme, les données portant sur 7.300 patientes hospitalisées pour anorexie mentale entre 1965 et 1998, ont été analysées.
Comparées à la population générale, ces femmes ont un risque de cancer du sein réduit en moyenne de 53%.
Parallèlement, cette diminution du risque de tumeur varie fortement avec le fait d'avoir mené ou non une grossesse : l'incidence du cancer du sein chute de 23% chez les nullipares et de 76% chez les femmes ayant eu au moins une grossesse.
La restriction calorique semble donc conférer une protection contre le cancer du sein. Et si celle-ci a lieu avant une grossesse, la réduction du risque est encore plus importante.
Ce faible apport énergétique pourrait agir directement sur le développement des cellules mammaires ou indirectement, en influençant le niveau hormonal (œstrogènes).
Le phénomène inverse est également démontré : une prise de poids importante constitue un facteur de risque du cancer du sein.
Ainsi, les femmes qui prennent entre 9 et 13 kilos après l'âge de 18 ans, ont risque accru de 40%, par rapport à celles qui ne prennent que 2 kilos.
La masse graisseuse contribuerait à accroître ce risque en augmentant les taux d'œstrogènes. La prise de poids fait donc bien partie des facteurs de risque du cancer du sein.
Il est important de maintenir un poids normal tout au long de sa vie et de minimiser l'excès pondéral à la ménopause.
Un cancer est une maladie grave, dont les traitements sont très lourds. Et même une fois la rémission obtenue, le risque de voir ressurgir une tumeur est important.
Pourtant, selon cette étude, une bonne partie des risques de rechute peuvent être prévenus, simplement par un régime alimentaire.
Comme bien souvent, les graisses sont incriminées.
Cette étude a été réalisée à partir de 2.400 femmes âgées de 48 à 79 ans.
Tous ces sujets ont été victimes d'un cancer du sein diagnostiqué à un stade précoce et ont subi une ablation chirurgicale de leur tumeur.
Ce n'est qu'un an après l'intervention qu'elles ont été incluses dans cet essai clinique.
En plus de la prise en charge classique, la moitié d'entre elles a reçu une solide formation diététique, visant à obtenir une réduction conséquente de leur consommation en graisses alimentaires. Cet enseignement, prodigué par des nutritionnistes expérimentés, a permis aux volontaires impliquées dans ce programme de réduire d'un tiers leurs apports lipidiques par rapport au groupe témoin.
Cinq ans plus tard, les volontaires ayant bénéficié de cette intervention diététique présentent un risque de récidive diminué de 25%. Ce pourcentage est considérable, surtout au regard du type d'intervention employée, c'est-à-dire non médicamenteux et totalement exempt d'effet indésirable.
Par quel mécanisme l’alimentation influence-t-elle le cancer du sein ?
Après la ménopause, les femmes en excès de poids ont un risque accru de 30 à 50% de souffrir d'un cancer du sein. Tout gain de poids important constitue donc un facteur de risque, tandis qu'inversement certaines études ont montré qu'une perte de poids pouvait entraîner une diminution de ce risque.
Il semblerait qu'au moins une partie du mécanisme soit hormonale. En effet, les femmes ménopausées et en excès de poids présentent un taux d'oestrogène dans le sang plus important que les minces. Un régime pauvre en graisses contribuerait à réduire la production d'oestrogènes et la densité des seins à la mammographie, soit deux facteurs importants du risque de cancer du sein.
En conclusion la diététique étend, encore, ses indications à la prévention du cancer du sein.
Cette « prise en charge », qui consiste à modifier ses habitudes alimentaires, est particulièrement intéressante au regard de cette maladie particulièrement grave.
Rappelons que le cancer du sein frappe une femme sur huit dans les pays industrialisés et atteint chaque année 40.000 Françaises.
Cancer du sein : attention aux kilos !
Les données sont concordantes.
Tandis qu'une étude suédoise démontre que les femmes anorexiques présentent peu de risque de développer un cancer du sein, une analyse américaine constate que ce risque s'élève progressivement avec la prise de poids.

Source : Magasine E-santé
Par Couleur Didine, Mardi 10 Octobre 2006 à 14:47 GMT+2 dans Notre santé nous intéresse (article, RSS)






