LE-MONDE-DE-DIDINE

"Orly" pour les bulles ...

Pour notre plaisir à tous, voici une autre chanson de Jacques Brel ... Les larmes me montent aux yeux à chaque écoute... Je ne sais pas pour vous, mais en lisant ces paroles, la musique me hante et j'entends cette voix si magnifique résonner en moi ...Je deviens elle, je deviens il...mes larmes les rapprochent. ...
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
La pluie les a soudés
Semble-t-il l'un à l'autre
Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et je les sais qui parlent
Il doit lui dire: je t'aime
Elle doit lui dire: je t'aime
Je crois qu'ils sont en train
De ne rien se promettre
C'est deux-là sont trop maigres
Pour être malhonnêtes

Ils sont plus de deux mille
Et je ne vois qu'eux deux
Et brusquement ils pleurent
Ils pleurent à gros bouillons
Tout entourésqu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir
Qui les montrent du nez
Mais ces deux déchirés
Superbes de chagrin
Abandonnent aux chiens
L'exploir de les juger

Mais la vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C'est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et maintenant ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l'heure c'était lui
Lorsque je disais il
Tout encastrés qu'ils sont
Ils n'entendent plus rien
Que les sanglots de l'autre
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment lentement ces deux corps
Se séparent et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu'ils crient
Et puis ils se reprennent
Redeviennent un seul
Redeviennent le feu
Et puis se redéchirent
Se tiennent par les yeux
Et puis en reculant
Comme la mer se retire
Ils consomment l'adieu
Ils bavent quelques mots
Agitent une vague main
Et brusquement ils fuient
Fuient sans se retourner
Et puis il disparaît
Bouffé par l'escalier

La vie ne fait pas de cadeau!
Et nom de dieu!
C'est triste Orly le dimanche
Avec ou sans Bécaud

Et puis il disparaît
Bouffé par l'escalier
Et elle elle reste là Cœur en croix bouche ouverte
Sans un cri sans un mot
Elle connaît sa mort
Elle vient de la croiser
Voilà qu'elle se retourne
Et se retourne encore
Ses bras vont jusqu'a terre
Ça y est elle a mille ans
La porte est refermée
La voilà sans lumière
Elle tourne sur elle-même
Et déjà elle sait
Qu'elle tournera toujours
Elle a perdu des hommes
Mais là elle perd l'amour
L'amour le lui a dit
Revoilà l'inutile
Elle vivra ses projets
Qui ne feront qu'attendre
La revoilà fragile
Avant que d'être à vendre
Je suis là je le suis
Je n'ose rien pour elle
Que la foule grignote
Comme un quelconque fruit

Vos commentaires

1 Le Vendredi 10 Mars 2006 à 13:57 GMT+2, par Sourire

Elle est tellement forte celle là aussi ... Soupirs ...

2 Le Vendredi 10 Mars 2006 à 14:10 GMT+2, par didine

Elle nous fait frissonner de bonheur, pleurer de bonheur..........un vrai nectar cette chanson

3 Le Samedi 11 Mars 2006 à 02:57 GMT+2, par Kip

C'est effectivement l'une des plus belles et des plus "réalistes" chansons du Grand Jacques. Mais ne sont-elles pas toutes magnifiques ?

Un disque que j'adore vraiment c'est L'HOMME DE LA MANCHA, spectacle qu'il avait monté mais qui n'a pas eu le succès attendu. Les chansons sont pourtant superbes et l'interprétation... n'en parlons même pas !

4 Le Samedi 11 Mars 2006 à 14:39 GMT+2, par souviens toi

Encore une chanson qui symbolise cette force de Brel dans leur interprêtation,la force des mots..bel hommage...

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